A vélo au pays des ours, en Roumanie

Apres une nuit blanche a l’aéroport et une journée rallongée par le décalage horaire, nous atterrissons a Bucarest, le point de depart que nous avons choisi pour un retour en douceur vers Lille. Une fois les vélos remontés dans un coin de l’aéroport (squat a toute épreuve), nous sommes accueillis chez Andrei, du réseau Warmshowers.

Petit-dej avec Andrei et Katie

Diner avec Andrei et Katie: sarmale, mamaliga et liqueur de prune

Le lendemain matin, nous retrouvons Andreea, collegue de Ségo qui a gentillement pris sa journée pour nous faire visiter la ville. Nous sommes comblés de retrouver un centre-ville européen avec de beaux batiments a l’architecture soignée, des parcs et des rues piétonnes! La visite est également gustative, avec au menu des tartinades de houmous, d’aubergine, de fromage et du Ciorba de Fasole ! Un petit concert, un spectacle de lumiere « Spotlight » et une bonne biere en terrasse completent cette agréable journée. Merci pour l’accueil !

Le courant avec notre hote passe décidemment tres bien, et c’est tout naturellement qu’Andrei prend une journée de congé pour se joindre a nous le temps d’un weekend prolongé. Nous sommes ravis de la compagnie ! Au programme, pédaler de Bucarest a Sibiu, parfaite occasion pour Andrei pour tester le vélo-camping itinérant avant son voyage prochain d’un mois en Angleterre. Le trajet implique de traverser le col mythique de Transfagarasan (2000m environ) qui mi-mai est toujours fermé a la circulation a cause de la neige, mais apres tout… a vélo… parfois ça passe ?!

A velo ave Andrei

A velo avec Andrei

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Route fermée, nous sommes prévenus !

Le temps tres variable entre Bucarest et le col de Transfagarasan se transforme en lourdes chutes de neige sur la montagne et bien sur ce qui devait arriver arriva… nous faisons demi-tour a 100m de dénivelé du haut du col, incapables de pousser plus loin et soucieux que ce soit encore pire de l’autre coté, exposé Nord. La suite nous révelera qu’il y avait 1m20 de neige fraiche de l’autre coté, parfaitement impraticable pour pousser un velo chargé: pas de regrets a avoir, donc.

MAIS :

– La soirée camping au bord du lac avec Andrei et le festin carnivore (ça faisait longtemps!!) nous font oublier les problemes de route bloquée

– Les panoramas Alpins sur ce col et autour du lac Vidraru sont superbes

– Apres de nombreuses tentatives de guet infructueuses l’année derniere en Slovénie, c’est finalement sur cette route fermée a la circulation qu’apparait au détour d’un virage… un OURS BRUN !!! Il me dévisage pendant quelques secondes alors que je cherche nerveusement mon appareil photo puis il décide de s’éloigner d’un pas nonchalant. GENIAL !!

Ours brun qui s'enfuit :-)

Ours brun qui s’enfuit 🙂

Nous quittons Andrei avec regret. Il retourne au travail pendant que nous attaquons un itinéraire de contournement du col. Les habitants sont souriants, et le roumain étant une langue latine cela reste relativement facile de se comprendre. Lorsqu’un berger nous réveille le matin en criant « PROUNE ! PROUNE ! NATURAL ! » autour de la tente, nous comprenons que nous allons avoir un petit-déjeuner difficile… Le « OURS ! MOULT OURS ! GRRR !! » est également assez transparent, mais ça nous avions déja remarqué… Nous éloignons désormais systématiquement les sacoches de nourriture de la tente avant de dormir.

Liqueur de prune au petit-déjeuner, euh non merci, ça va...

Liqueur de prune au petit-déjeuner, euh non merci, ça va…

La ville de Sibiu, au pied des montagnes, dans son jus gothique, ne manque pas de charme.

Toujours sous un temps variable de plus en plus pluvieux, nous reprenons le pédalage jusqu’a la Hongrie par la campagne roumaine.

Ce retour en Europe par la Roumanie nous a fait redécouvrir et apprécier le confort de la vie dans les pays développés: eau courante, eau potable, supermarchés offrant un choix a ne plus savoir quoi acheter ni manger, facilité de communication avec les Roumains qui parlent souvent tres bien anglais, référentiel culturel commun permettant des dicussions plus poussées, conducteurs (un peu plus) civilisés…

Il est souvent troublant de constater que la periode du socialisme est encore fraiche dans les mémoires: les gens de notre génération se souviennent surtout des queues interminables pour aller échanger leurs coupons contre de la nourriture a l’épicerie du coin. Il etait possible d’aller a l’étranger (vers l’Est) seulement une fois tous les 3 ans, en prouvant etre un « bon citoyen », et avec un budget ridicule de 80 euros maximum…

Quelques bons plans en vrac:
– Le supermarché Kaufland est un paradis: en plus de ses prix discount, il y a toujours un grill a l’entrée pour manger des saucisses (mici) ou des cotes de porc a environ 1 euro
– Decathlon est présent, Allellujah 🙂
– Parler francais avec un accent italien, des fois ca fait du roumain, si si !

  • Andreea our first (but not last) palinka will always be linked to you 😉 Thanks again !

  • Andrei Verde next time in Romania we have to go over this Transfagarasan pass again 😉

    • For sure Alex. It would be wise to do it when there is no snow 😉

  • Christine

    Vive la neige … qui vous aura bien poursuivis quand même ! Bises et bonne route ! 🙂

  • cluster

    comme quoi même pas besoin de dentifrice pour faire venir les ours 😉